#12

Les dernières actualités ludiques à découvrir dans le champ des neurosciences, de la cybersécurité avec l’expérimentation d’un kit de conception de jeux sérieux à investir en classe. Et une pépite : Wayfinder, un jeu d’art climato-poétique.

L’admissibilité du CAFFA

Ce article vise à présenter l’épreuve d’amissibilité du CAFFA et à partager mon expérience ; au mieux, délivrer quelques conseils pour vous accompagner dans cette certification.

J’ai présenté et obtenu l’admissibilité au cours de l’année 2020, après une première tentative infructueuse en 2016. Ma pratique dans le champ de la formation et/ou de l’accompagnement était insuffisante à l’époque. Suite à ce refus, j’ai demandé la grille d’évaluation de l’épreuve de manière à pouvoir formaliser les compétences à développer. Une pause (nécessaire) de quatre ans m’a permis d’acquérir de l’expérience, de me professionnaliser davantage par le biais de la formation continue, de l’auto-formation (Mooc), de mes lectures, et ainsi asseoir progressivement cette posture de formateur (toujours en développement). En septembre 2019, je retente la certification et m’inscris à l’admissibilité pour la session 2020.

1. Présentation générale de l’épreuve d’admissibilité

« La présente certification vise à inscrire le candidat dans un cursus accompagné lui permettant en deux ans une appropriation progressive des enjeux et des compétences liées aux fonctions de formateur, en le préparant, en exercice, aux attendus de l’examen. Au cours de la première année, le candidat se déclare et prépare l’épreuve d’admissibilité. Au cours de la seconde année, il se constitue une expertise et se prépare aux épreuves d’admission en s’inscrivant aux différents modules prévus dans le cadre du plan académique de formation » (source : Certificat d’aptitude aux fonctions de formateur. Eduscol. MAJ : mai 2021).

Le CAFFA s’obtient en deux ans. La première année, le candidat passe une épreuve d’admissibilité. S’il est déclaré admissible, il pourra passer les deux épreuves d’admission lors de la session suivante.

Les textes de références

La nature de l’épreuve d’admissibilité

Elle consiste en un entretien avec le jury s’appuyant sur un dossier fourni par le candidat, et comprenant :

  • un rapport d’activité de cinq pages maximum (hors annexes). La page de garde est à télécharger sur la page Caffa de votre académie,
  • le document à compléter et mentionnant les états de service du candidat. Lors de l’inscription et de la constitution du dossier, les candidats doivent justifier d’au moins cinq années de services accomplis en qualité de professeur du 2nd degré ou de CPE titulaire ou non,
  • les rapports d’inspection et/ou les comptes-rendus des rendez-vous de carrière dans le cadre du PPCR.

L’entretien débute par un exposé de 15 minutes réalisé par le candidat. Ce temps est suivi d’un échange de 30 minutes avec le jury.

Les modalités d’inscription, d’organisation et de préparation

Concernant les conditions d’inscription, d’envoi du dossier, rendez-vous sur Eduscol et sur la page CAFFA de votre académie.

Dans le cadre de la préparation, nous avons bénéficié de trois modules de formation de 6h :

  • un premier module présentant le Caffa, l’ensemble des épreuves et l’admissibilité en particulier,
  • une deuxième journée au cours de laquelle nous avons avancé sur/ finalisé nos rapports d’activité. Chaque rapport a été lu par la formatrice. Des conseils ont été prodigués tant sur la forme que sur le fond,
  • un dernier module « oraux blancs » relatif à l’exposé de 15 minutes.

A savoir

Conformément aux dispositions de l’article 9 de l’arrêté du 20 juillet 2015, les candidats ayant été déclarés admissibles lors d’une session de l’examen du certificat d’aptitude aux fonctions de formateur académique gardent le bénéfice de cette admissibilité pour deux nouvelles sessions de l’examen. Vous disposez d’un délai de quatre ans après la fin de cette session pour vous présenter, jusqu’à deux fois, aux épreuves d’admission (paragraphe 3.f. Admissibilité lors d’une précédente session, circulaire n° 2015-110 du 21-7-2015).

Les compétences évaluées par le jury

« L’examen du rapport d’activité doit permettre d’apprécier :

  • la capacité du candidat à se présenter en dégageant les lignes de force de son parcours ;
  • sa capacité à s’adapter à une diversité de publics, à des contextes scolaires et éducatifs variés ;
  • son implication dans la vie de sa discipline ou spécialité dans des projets éducatifs à l’échelle de l’établissement, du district, du bassin de formation ;
  • sa participation à des actions de formation et son intérêt pour la formation.

L’entretien avec le jury a pour objet d’apprécier :

  • la motivation du candidat à devenir formateur,
  • son expertise professionnelle,
  • sa réflexion didactique, pédagogique et éducative,
  • sa capacité à communiquer avec d’autres professionnels de l’enseignement et de la formation.

Il vise à évaluer la capacité d’analyse du candidat sur ses propres pratiques. Il permet également d’apprécier son investissement dans le projet d’établissement ainsi que sa connaissance de l’environnement social et culturel de celui-ci (extrait de la circulaire n° 2013-110 du 21 juillet 2015) ».

Les critères et la grille d’évaluation ci-dessous émanent du rapport de jury 2018-2019 de l’académie de Besançon :

  • Motivation du candidat et projet professionnel,
  • Expertise professionnelle : socle, programmes, démarches pédagogiques, connaissance du
    système éducatif, de l’actualité pédagogique, connaissance dans le champ numérique,
  • Réflexion didactique, pédagogique et éducative,
  • Capacité d’analyse du candidat sur ses propres pratiques,
  • Capacité à communiquer avec d’autres professionnels de l’enseignement et de la formation,
  • Capacité à s’exprimer oralement, à écouter, comprendre les questions.
Extrait du rapport du jury 2018-2019 de l’académie de Besançon

2. Rédiger le rapport d’activité

« Cinq pages ? Ca va aller ». Et bien, ce n’est pas si évident. Ce travail d’introspection demande réflexion et il n’est pas si aisé de présenter son parcours professionnel dans le champ de la formation et/ou de l’accompagnement, que l’on soit futur ou jeune formateur, ou encore formateur aguerri. La rédaction de ces cinq pages reste un exercice difficile.

D’après la circulaire, « le rapport d’activité consiste en la présentation par le candidat de son itinéraire professionnel, lequel s’attache à présenter une expérience professionnelle significative, notamment dans le champ de l’accompagnement et de la formation. Ce rapport peut comporter en annexe, tout document, y compris audiovisuel, à même d’éclairer cette activité ».

Quelques conseils au préalable

Finalité

Il s’agit de présenter votre itinéraire professionnel et surtout votre parcours de formation en lien avec le métier de formateur académique. Seront évaluées votre expertise professionnelle (voir les éléments de la grille) et votre motivation à devenir formateur.

Interrogez-vous

En quoi votre parcours a-t-il permis le développement de compétences inscrites dans le référentiel du formateur académique ? Choisissez des expériences qui vous ont amené à devenir formateur, au fil de vos questionnements professionnels issus de situations de classe, ou de réflexions construites en formation en tant que stagiaire ou formateur. Quelles compétences décrites dans le référentiel peuvent être significatives au regard de votre expérience ?

Ne pas tomber dans la caricature d’un catalogue d’actions conduites ou de formations suivies

On ne vous demande pas de rédiger une lettre de motivation ou un CV. Votre rapport doit montrer une logique dans sa construction, un cheminement professionnel au regard de vos expériences. Exposez cette articulation, faites des liens entre ces différentes actions.

Ne vous lancez pas à corps perdu dans la rédaction

Faites le point par écrit, à la manière d’un bilan d’expérience. Il vous faudra faire des choix du fait de cette limitation en termes de nombre de pages. Surtout, centrez-vous sur ce qui permet de répondre aux attendus de l’épreuve, et faites régulièrement écho au référentiel.

Choisir un thème pour l’expérience significative

Vous décrirez votre expérience significative en parallèle des quatre domaines de compétences du formateur :

  • Penser, concevoir, élaborer ;
  • Mettre en œuvre, animer ;
  • Accompagner l’individu et le collectif ;
  • Observer, analyser, évaluer.

Cette expérience significative doit mettre en avant des compétences de conception, de réalisation, de communication et d’analyse de sa pratique, qui seront évaluées à la lecture du rapport et à sa présentation lors de l’entretien avec le jury.

Source de la citation : Loizon, Denis. Formateur académique : un nouveau métier. Réseau Canopé, 2019. p.95

Les documents à avoir sous la main au fil de la rédaction

Trois documents à avoir à disposition lors de la préparation de cette épreuve, et pour lesquels il est indispensable de se référer :

  • le référentiel de compétences professionnelles du formateur de personnels enseignants et éducatifs,
  • la grille d’évaluation de l’épreuve d’admissibilité,
  • les rapports de jury académiques, offrant de précieux conseils.

Quel plan pour le rapport d’activité ?

Il n’existe pas de consignes ou règles en la matière. Denis Loizon, dans son ouvrage Formateur académique : un nouveau métier, propose un exemple de plan en page 94, sur lequel vous pouvez vous appuyer.

Pour mon rapport d’activité de cinq pages (hors page de garde), j’ai adopté la progression suivante :

  • une introduction dans laquelle je me présente rapidement, soit ma titularisation en 200X et l’occupation de mon poste actuel. J’expose la variété des publics accueillis au CDI et formés dans le cadre de mes missions de professeur documentaliste. « Un éventail de publics et une diversité qui font la richesse du métier de professeur documentaliste et démultiplient les possibilités de collaboration avec les enseignants de discipline ».

Premier écueil à éviter : votre biographie. Soyer bref et restez concis. De toute façon, le jury dispose de la page de garde vous présentant plus précisément. Enfin, quel ton souhaitez-vous donner à ce premier paragraphe lu par le jury ? J’ai choisi ici de faire référence au critère : « la capacité du candidat à s’adapter à une diversité de publics, à des contextes scolaires et éducatifs variés ».

  • « Parallèlement à mes activités d’enseignement ». J’en arrive à mes premières animations de formation et ma présentation à l’admissibilité en 2016. Mon intention est de montrer mon intérêt pour la formation et l’accompagnement. Une tentative qui n’aboutira pas certes, mais qui permettra une réflexion et un engagement à me former davantage. « Une prise de recul et une distanciation furent nécessaires pour envisager la suite et aborder sereinement cette professionnalisation ».

Ce paragraphe me permet de faire le lien avec la fin de mon introduction.

  • « Aujourd’huib». Je témoigne de la construction progressive de mon parcours professionnel de jeune formatrice, comment celui-ci s’est bâti et j’annonce le thème de mon expérience significative, en soulignant toutefois le caractère transversal de mes actions de formation.

Ce paragraphe vise à montrer mon « implication dans la vie de ma discipline », également une diversité d’actions ; points sur lesquels je reviendrai au fil du rapport.

  • Ma seconde partie intitulée « Parcours professionnel » s’échelonne sur presque deux pages. De manière chronologique et constructive, je fais état de mes premières expériences de formation à l’échelle de mon établissement scolaire (collège) via la mission de RUPN (« Pauses numériques »). Ces années ont permis l’acquisition de connaissances et compétences dans le domaine du numérique éducatif, en appui des formations suivies. « Ces temps courts et internes à l’établissement s’adressent à tous les enseignants, CPE, AED. J’ai ainsi présenté un geste ou une modalité pédagogique, des outils et des ressources associées ». Je poursuis avec la mission de coordinatrice de réseau des professeurs documentalistes. J’élargis le champ d’action à l’échelle d’un bassin de formation, puis je fais des focus sur des animations dispensées au niveau académique et hors-académique, pour aboutir à la proposition d’une action de formation inscrite au PAF. Je précise également mon intégration à divers groupes de travail/réflexion, en lien ou non avec mon expérience significative.

J’ai procédé à la manière d’un entonnoir pour décrire des expériences à l’échelle de l’établissement, puis d’un bassin, et tendre progressivement vers la mission de formateur académique, tout en soulignant l’importance du collectif.

La troisième partie (une page) décrit mon expérience significative dont l’objet est un module de formation inscrit au PAF. J’ analyse le dispositif pour mettre en relief les évolutions opérées et les améliorations à penser. Cette formation est dispensée et reconduite depuis deux années. Il s’agit notamment de faire écho aux compétences développées dans le référentiel et aux changements induits dans la posture de formateur.

  • Une conclusion me permet de faire un bilan à l’instant T de mon parcours professionnel. J’évoque mon intérêt pour la formation, mes motivations à devenir formatrice, mes questionnements et perspectives pour l’année en cours, ma volonté de poursuivre la réflexion engagée et décrite précédemment, les compétences à développer et mon inscription au module Formation de formateurs : ingénierie de formation-ingénierie pédagogique.

La conclusion constitue un dernier état des lieux de mon parcours et propose une ouverture. Mon parcours de formation est distillé au fil du rapport, de manière à illustrer les missions et expériences professionnelles évoquées. J’ai fait le choix de ne pas y consacrer une partie spécifique, pour éviter de lister les formations suivies, et au contraire montrer la pertinence des stages suivis au regard de mon parcours.

Pas de consignes particulières. J’ai rédigé mon rapport d’activité avec la police Times new roman, taille 12, marges 2,5.

Les annexes

Celles-ci doivent être pertinentes en fonction des éléments énoncés, servir d’exemple et soutenir votre rapport d’activité. Difficile là aussi de faire des choix. Aujourd’hui, j’allègerais pour me limiter strictement aux annexes apportant une réelle plus-value.

Quatre annexes composaient mon dossier :

  • Annexe 1 : mission de RUPN
  • Annexe 2 : cahier des charges du module décrit dans l’expérience significative
  • Annexes 3 et 4 : feuille de route d’une formation dispensée dans le cadre de la Réforme du lycée, et support de présentation associé.

En guide de conclusion

De votre parcours professionnel et ô combien personnel, tentez d’établir des connexions entre vos différentes expériences. L’objectif est de réaliser une présentation de votre itinéraire professionnel, non pas dans sa globalité, mais dans sa particularité et singularité, et de montrer ce qui vous définit en tant que futur formateur ou formateur en voie de certification.

3. L’exposé

Si l’exposé de 15 minutes ne doit pas être une redite du rapport d’activité, il met en lumière les points saillants du rapport. Le jury a réalisé plusieurs lectures selon le nombre de candidats, et ces rappels sont bienvenus. L’exposé peut se faire avec ou sans support de présentation type diaporama. J’avais fait le choix d’accompagner mon exposé d’un support créé avec Genially (également téléchargé en pdf par prudence).

Dans l’idéal, et au fur et à mesure de la rédaction de votre rapport d’activité, notez sur une feuille libre des éléments à garder sous la main pour les développer lors de l’exposé.

A titre d’exemple, mon exposé comprenait :

  • une introduction : présentation, les raisons de mon inscription à cette épreuve, annonce du plan de l’exposé,
  • partie 1 : les dates clés de mon itinéraire professionnel. Je développe davantage les éléments évoqués dans le rapport, de manière chronologique et en soulignant les apports en termes de connaissances et compétences développées,
  • partie 2 : je reviens sur deux expériences significatives au regard des quatre domaines de compétences du référentiel. Concernant le module inscrit au PAF, j’apporte des éléments nouveaux suite au rapport, en me focalisant sur l’ « accompagnement de l’individu et du collectif ». J’évoque une réflexion sur l’évolution du module actuel en parcours hybride. Je fais un point « nouveau » sur les formations en cours, dont la réforme du lycée et une formation à destination des CPE et professeurs documentalistes à l’échelle d’un bassin de formation.
  • conclusion : mes perspectives/ attentes / besoins. Ce que le Caffa peut m’apporter en termes de professionnalisation, de développement de compétences, dans le cadre de la formation de formateurs notamment.

Lors de la préparation à l’épreuve d’admissibilité, nous avons pu bénéficier d’une journée « oraux blancs », très formatrice, complétée par nos entraînements personnels. Un point de vigilance : le jury veille au respect du temps d’exposé.

4. L’entretien avec le jury

Il s’agira pour vous de convaincre le jury que vous êtes fait pour la fonction de formateur académique. Pour cela, il est nécessaire d’avoir anticipé quelques questions fondamentales sur le métier de formateur, sur son évolution et sur les fonctions que vous pouvez être à même de remplir en tant que formateur académique.

Source de la citation : Loizon, Denis. Formateur académique : un nouveau métier. Réseau Canopé, 2019. p.97

Ce temps d’échange de trente minutes consécutif à l’exposé mérite d’être préparé, même s’il est difficile de tout prévoir et anticiper. Il permet au jury d’apprécier :

  • votre réflexion didactique, pédagogique et éducative,
  • votre capacité à communiquer avec d’autres professionnels de l’enseignement et de la formation,
  • d’évaluer votre capacité d’analyse sur vos propres pratiques,
  • votre investissement dans le projet d’établissement et la connaissance de l’environnement social et culturel de celui-ci.

Le jury peut revenir sur certains éléments abordés durant votre exposé, vous demander d’approfondir et préciser votre réflexion, d’aller plus loin. Il y aura vos perches tendues, pour lesquelles le jury ricochera…ou pas. Il y aura aussi ces « autres » questions dont le champ peut être très vaste. A ce titre, une veille sur l’actualité éducative et pédagogique permettra une mise à jour de vos connaissances, et démontrera votre intérêt quant à l’ actualisation de vos connaissances.

Pour préparer cet entretien, j’ai élaboré un tableau reprenant les questions susceptibles d’être posées le jour J et listées dans l’ouvrage de Denis Loizon. Ont été ajoutées les questions figurant dans les rapports de jury. J’ai tenté d’imaginer celles pouvant m’être posées suite à la lecture de mon rapport. Enfin, un dernier conseil pour bien préparer cet entretien, appuyez-vous sur les conclusions des rapports de jury et faites-en une synthèse type check-list.

A vrai dire, je ne souviens plus des questions posées lors de l’entretien, je peux toutefois témoigner sur le fait qu’il faudra vous faire confiance. Vous ne pourrez en effet balayer l’ensemble des lectures aussi intéressantes soient-elles, stockées dans votre cloud ou enregistrées dans Pocket.

Côté ressentiment après l’épreuve, le jury ne laisse rien transparaître. Il a fallu patienter jusqu’à la publication des résultats.

Pour finir

J’ai fait le choix de ne pas partager mon rapport d’activité pour plusieurs raisons :

– La première : je cite plusieurs personnes, des collègues, et cette démarche me gêne particulièrement.

– La seconde : lors de la rédaction du rapport, je m’étais interdit d’aller voir ce que d’autres avaient fait pour éviter d’être « imprégnée » ; et sûrement par crainte d’être découragée, de ne pas arriver à valoriser mon propre parcours.

– La troisième : la rédaction du rapport d’activité se veut une démarche très personnelle. Il n’existe pas de bonnes manières de faire. Chaque rapport d’activité est unique.

Quelques ressources à consulter

Loizon, Denis. Formateur académique : un nouveau métier. Réseau Canopé, 2019. 127p. ISBN : 978-2-24004-461-7

Centre Alain-Savary. Concevoir des formations pour aider les enseignants à faire réussir tous les élèves, dossier de l’IFE, ENS de Lyon. Version 7, octobre 2019

Waterloo P. La bibliothèque idéale du formateur débutant, 20 août 2017. [En ligne] Disponible sur : http://philippe-watrelot.blogspot.com/2017/08/la-bibliotheque-ideale-du-formateur.html

Source des images : https://undraw.co/

#11

Dans cette première newsletter de rentrée, les dernières actualités ludiques sous différents formats : conférence, podcast, livre, mais aussi un jeu vidéo à tester en classe et un site « pépite » à découvrir.

Repenser l’aménagement des espaces du CDI

Ce billet se veut un retour d’expérience relatif à la restructuration du CDI et une réflexion sur l’aménagement des espaces, avec pour fil conducteur, la philosophie qui a guidé cette démarche. Rien de prescriptif ici et encore moins un vadémécum délivrant de précieux conseils. A chacun.e sa manière de faire, selon le contexte scolaire, le temps disponible, le budget, les envies aussi, etc. Il s’agit davantage de décrire le cheminement mis en œuvre, qui m’a conduit à tirer les enseignements positifs et négatifs de ce vaste projet encore en cours et de vous l’exposer.

Je m’apprête à effectuer ma quatrième rentrée scolaire au lycée polyvalent Georges Colomb, et voir se concrétiser la restructuration du CDI. A notre arrivée dans l’établissement au 1er septembre 2018, le proviseur de l’époque nous avait fait part, à ma collègue et moi alors nouvellement nommées, des grands chantiers en perspective à savoir :

  • la fusion des CDI du lycée professionnel (site Bartholdi) et du LGT (site Colomb),
  • la restructuration du CDI du site Colomb, avec pour changement conséquent la destruction de l’escalier pour sa remise aux normes.

Pour vous décrire rapidement les lieux, le CDI est agencé sur deux niveaux avec les difficultés que cela implique en termes d’organisation et de gestion. Du point de vue circulation, l’accueil des usagers se fait exclusivement au deuxième étage, mais une sortie est toutefois possible au niveau 1. 

Visite des lieux avec la galerie de photos et la vidéo ci-dessous :

Visite des lieux

Diagnostic et constats

A la rentrée 2018, peu d’éléments sont portés à notre connaissance hormis les plans de l’architecte et la situation administrative actuelle du CDI Colomb, soit depuis deux années, un lieu fermé puis géré par un personnel contractuel.  

Dans son “jus”, le CDI présente l’avantage d’être spacieux, accueillant, lumineux, original par son architecture avec sa rotonde et son escalier en colimaçon, mais très vitré. Un espace informatique peut accueillir confortablement une demie classe. Bien situé, l’accès au CDI se fait depuis l’escalier principal dans le hall du lycée. Il y a du potentiel ! Et aussi quelques inconvénients, bien évidemment.

Le CDI propose des espaces décousus, sans cohérence aucune, où se côtoient différentes collections (fiction/documentaire) que ce soit au premier ou deuxième étage. Le mobilier n’est plus adapté aux pédagogies et modalités de travail actuelles. Il s’agit d’un lieu où ne sont favorisées ni l’autonomie, ni la créativité des élèves et étudiants. D’autre part, ce lieu de formation et d’accueil est difficile à gérer, surtout lorsqu’il n’y qu’un seul professeur  documentaliste en poste, comme exprimé dans le bilan du CDI de fin d’année scolaire 2017-2018.

La signalétique est également à revoir car il est difficile de se repérer dans les espaces et sur les rayonnages. Force est de constater que la classification Dewey ne répond pas toujours aux enjeux de la réforme du lycée et des enseignements de spécialité : SNT, HDA, HGGSP, HLP etc… Vous voyez là pointer quelques objectifs de la restructuration, du moins ce vers quoi nous souhaitons tendre : faire du CDI un lieu d’apprentissages, d’autonomie et de créativité, qui doit pouvoir répondre aux usages actuels et à la réforme du lycée, tout en préparant les élèves de lycée à leurs études futures.

Cette fusion  couplée à une restructuration suppose de réfléchir à l’agencement du lieu, de repenser intégralement les espaces de façon à ce que les élèves et étudiants puissent travailler collectivement, d’autant que la notion de classe se perd avec les spécialités, et individuellement. Au lycée G. Colomb, nous accueillons des publics divers : de la  3ePPM aux étudiants de BTS, en passant par des apprentis. Cette diversité de publics est à considérer dans notre réflexion car elle induit une multitude d’usages et différentes formes d’appropriation du lieu. Il faut pouvoir jongler entre travail individuel, travail de groupe, permettre la collaboration et la coopération lors de l’accueil d’une demie classe ou classe complète, ou groupe de spécialité. Il est indispensable d’articuler les usages du CDI pour les collégiens, les lycéens, les étudiants et proposer une continuité dans les modalités pédagogiques et les pratiques info-documentaires et médiatiques selon différents degrés de maîtrise et compétences, sans oublier de développer des compétences pour le post bac.

Le travail coopératif, organisé en général par l’enseignant.e et répondant à des finalités éducatives d’apprentissage, diffère d’un travail collaboratif, qui serait plus libre dans la forme et qui aurait pour objectif de mutualiser les connaissances de chaque membre du groupe en vue d’une réalisation commune. Le travail collaboratif est ainsi plus fréquent en formation d’adultes, où la structuration apportée par le ou la formateur.rice n’est pas aussi cadrée que celle faite par l’enseignant.e, qui supervise en détail l’activité des élèves, sans vraiment les laisser en autonomie trop longtemps

Source de la citation : Reverdy Catherine (2016). La coopération entre élèves : des recherches aux pratiques. Dossier de veille de l’IFÉ, n° 114, décembre. Lyon : ENS de Lyon.

Le projet de réaménagement des espaces documentaires et plus généralement scolaires va donc bien au-delà de la restructuration physique du lieu, et implique un diagnostic et un questionnement collectif préalable sur des problématiques telles que le climat solaire, le rythme de travail des élèves et étudiants (en écho à la continuité pédagogique notamment), les modalités pédagogiques des enseignants, la vie scolaire, l’accueil des élèves internes, et plus globalement les éléments liés à la forme scolaire, les nouvelles pratiques info-documentaires et informationnelles, les nouveaux enseignements dont les spécialités.

Malgré nos recherches, ce type de document est introuvable. En réalité, il n’existe pas et cette stratégie initiale n’a pu se mettre en place précédemment. L’analyse des besoins, une liste des contraintes, la définition des objectifs demeurent absentes. Nous arrivons donc dans l’établissement avec des plans presque finalisés, et dont les modifications éventuelles ne se feront qu’à la marge. Ce qui nous laisse une légère latitude et marge de manœuvre dans cette période de réforme du lycée et du baccalauréat, et de la transformation de la voie professionnelle. Il nous faut aussi prendre connaissance et possession des lieux.

Ces trois années auront ainsi permis de réaliser un état des lieux complet concernant la situation actuelle du CDI (fonctionnement et activités) et de  mûrir notre réflexion. Cette base de travail soulève les dysfonctionnements et les modalités à maintenir en faveur d’une organisation future. Ce temps a permis de penser la restructuration dans sa globalité, en mode « méta » et d’éviter de se focaliser sur la seule micro-organisation du lieu. Une restructuration exige aussi de la part du professeur documentaliste de prendre du recul sur sa propre fonction et ses missions. Un panel d’éléments sont à prendre en considération et comment les associer ?

Enjeux et orientations

La première version des plans présentée ne nous satisfait pas  pleinement, le professeur documentaliste étant peu ou pas consulté pour les raisons évoquées plus haut.

Plans d’origine : niveau 1
Plans d’origine : niveau 2

Dans leur version initiale, les plans présentent pour le premier étage :

  • une banque d’accueil (bis),
  • un espace lecture/détente,
  • un espace pédagogique,
  • un espace informatique.

Pour le deuxième étage :

  • une entrée avec casiers,
  • un local webradio,
  • une banque d’accueil (entièrement vitrée^^),
  • un espace bibliothèque,
  • un espace pédagogique,
  • une salle de travail avec postes informatiques,
  • un espace lecture/détente,
  • les archives.

L’esprit CDI semble avoir disparu au profit d’un espace (trop) pédagogique. Il manque des espaces calmes de lecture/ détente proches de fonds documentaire, des espaces de travail individuel ou en petits groupes de manière à satisfaire les usagers. La surface réservée à la bibliothèque est réduite par rapport à l’existant. Nous n’arrivons pas à nous projeter quant aux futures usages du niveau 1. Le fonds documentaire (re)trouvera-t-il sa place, d’autant que nous fusionnons deux CDI et perdons des m2 au profit d’une salle des archives ? Comment et où accueillir le fonds du lycée professionnel dans la proposition actuelle ? Cela nous paraît impossible et les obstacles s’accumulent.

Nous élaborons progressivement notre diagnostic et analysons les besoins à partir du canevas proposé, c’est-à-dire des uniques plans du CDI restructuré. Besoins que nous hiérarchisons par rapport à nos fonctions et missions, et que nous posons par écrit en guise d’argumentaire pour une prochaine réunion de travail. L’objectif est de définir les contraintes fonctionnelles externes et internes, spatiales, techniques, d’agencement, de surfaces, de circulation…en allant du général au particulier. Finalement, la frustration de départ de n’avoir pu bénéficier des documents d’analyse des besoins s’estompe lors de cette phase, et soulève de nouveaux questionnements. Dans l’idéal, pour le professeur documentaliste, il est souhaitable de participer à l’ensemble du processus, mais rien ne se passe comme nous le souhaiterions.

Pour guider votre réflexion et construire votre argumentaire, la lecture de l’ouvrage paru aux éditions Canopé : Le design thinking au CDI, est une ressource précieuse pour engager une discussion collective et créative. 

Il s’agit de bien circonscrire les relations avec les autres pôles de l’établissement et les relations entre les différents espaces documentaires du CDI : 

  • quelles fonctionnalités en interne (ou à l’intérieur de l’établissement) ?
  • quelles fonctionnalités des espaces documentaires ?
  • quelles fonctionnalités des espaces spécifiques ?

Cette mise en relation peut s’opérer via des schémas relationnels. Nous photocopions les plans, que nous annotons. Cette liste réclame de préciser le pourquoi, de déterminer ce qui est indispensable à l’accomplissement de nos missions, des besoins des usagers, ce qui serait optimal voir idéal dans la mesure du possible, ce qui est souhaitable dans l’optique d’une évolutivité du lieu, des tâches qui incombent au professeur documentaire, des usages de la communauté éducative, des pratiques pédagogiques et informationnelles, et de se projeter sur de nouveaux usages.

Quelques critères en termes d’aménagement à conserver ou prendre en compte : calme, clair, confortable, évolutif, fonctionnel, inclusif, modulable/adaptatif. La difficulté est d’anticiper au maximum et d’optimiser l’ensemble de ces éléments en vue d’une utilisation pédagogique et d’une utilisation autonome, libre et responsable du CDI. Rapidement, l’idée de créer un espace dédié à la pédagogie ou aux pédagogies a germé, avec une redéfinition d’un espace pédagogique en classe flexible.

Cadrage et aménagement des espaces

Il s’agit ici de traduire les besoins en termes d’aménagement des espaces pour favoriser : 

  • l’autonomie : dans la recherche d’informations, la consultation et l’accès aux ressources physiques et numériques, les pratiques informationnelles,
  • la prise d’initiative et la liberté d’action : favoriser la créativité et les échanges dans le cadre d’une activité de classe, dans le cadre d’un tutorat entre élèves et entre professeur élève, entre collègues,
  • la découverte, la curiosité, l’esprit critique et l’accès à la culture,
  • les apprentissages avec un espace aménagé pour la classe flexible : s’adapter à différentes modalités pédagogiques pour les encourager.

Quatre piliers se dessinent, mais rien de figé. Nous gardons en tête d’autres chemins des possibles. Difficile pour un lieu comme le CDI de se fermer sur une seule proposition. Le CDI est un espace évolutif, mouvant.

Pour ce faire, le 1er étage est réservé à la pédagogie et à l’accueil des groupes classes, et comprend : 

  • un patio où les usagers peuvent débattre et laisser s’exprimer leur créativité lors de projets,
  • un espace présentation/exposition/projection filmique ou documentaire,

Cet espace est vitré et à donc l’avantage d’être visible de l’extérieur (lieu de circulation des élèves et personnels). Une manière de susciter la curiosité avec l’installation d’un écran interposé également.

  • un espace aménagé pour la classe flexible avec des tables dynamiques, modulables permettant différentes configurations, des tableaux pour favoriser la réflexion, la communication orale et écrite,
  • un espace informatique adossé à ce dernier.

Un 2e étage : espace de vie

Il vise à favoriser la liberté de mouvement, la libre circulation des personnes selon leur intérêt et activité, à permettre aux usagers de déambuler au gré de leurs envies. La salle principale constitue un des lieux de vie au lycée.

La partie bibliothèque n’est plus scindée, découpée, déstructurée sur deux étages. Nous recherchons une uniformité et tentons de remettre une logique dans le lieu pour faciliter le repérage et l’accès aux ressources. La signalétique devient, elle aussi, plus claire en adoptant dès notre arrivée celle proposée par les collègues professeurs documentalistes de l’académie de Guyane, au service de l’autonomie des usagers : l’un de nos piliers. 

Nous imaginons des parcours usagers pour penser au mieux ces espaces, dans l’intention de : 

  • mettre en cohérence les différents espaces et les relations entre ces espaces,
  • proposer des zones décloisonnées mais clairement identifiables : pour une signalétique visible (haute et basse) et cohérente, adaptée à tous les publics et inclusive,
  • réfléchir à l’implantation des volumes et des espaces : tout doit pouvoir être visible de la banque de prêt. Il nous faut aussi veiller à la hauteur des étagères et des rayonnages,
  • considérer la perte en termes de surface d’accueil pour les usagers. La partie rotonde sera cloisonnée et abritera les archives ainsi qu’un local réservé aux pratiques médiatiques ou webradio. Il est donc nécessaire de maximiser les espaces en privilégiant des tables hautes et tabourets, de se libérer du mobilier superflus, de conserver l’essentiel,
  • faciliter la circulation et la communication entre les différents secteurs,
  • mettre à disposition des espaces de travail collectif, individuel, de lecture, de détente, de consultation, de créativité,
  • harmoniser les matériels, le mobilier, les couleurs, les sols, les murs, l’éclairage, l’acoustique : créer une ambiance soit un nouvel esprit au CDI,
  • réfléchir à la signalétique extérieure également.

Aléas de la restructuration

Finalement, et quelques jours avant le déménagement prévu pour le 15 juin 2021, l’escalier sera conservé en l’état. Sa destruction et reconstruction risquent d’endommager la chaufferie du lycée. Les travaux sont colossaux. Les plans d’aménagement des espaces pour le devis étant validés précédemment avec le fournisseur, nous devons revoir notre copie. Pas de grandes modifications en perspective, fort heureusement ! Et les équipes sont très réactives.

La vidéo qui suit vous propose, sous forme de visite virtuelle, la version finalisée des plans et l’aménagement des espaces prévus. Il manque certains éléments relatifs au mobilier, la bibliothèque du logiciel Sweat Home 3D étant limitée pour les meubles de type bibliothèque.

Ceci n’est pas une conclusion

Mais une nouvelle réflexion ou une suite.

Penser le CDI idéal est un processus complexe, réflexif, évolutif…possible ? Ce lieu présente une grande variété de formes et d’usages selon le contexte scolaire, les publics, les projets qui y sont menés, les intentions du professeur documentaliste, etc.

Le CDI est un espace :

  • scolaire,
  • d’apprentissages,
  • de co-enseignement,
  • de vie,
  • de lecture,
  • de travail,
  • d’échanges,
  • de formation,
  • d’accompagnement,
  • d’acculturation,
  • de socialisation,
  • de créativité,
  • de lecture,
  • de médiation entre les ressources et les apprentissages/ pratiques info-documentaires et informationnelles,
  • to be continued…

Il revêt un caractère pluridisciplinaire qui n’est plus à prouver. La réforme du lycée remodèle la fonction et les usages du CDI. Une fonction de bibliothèque et de formation, au carrefour entre la vie scolaire, les disciplines, l’Education aux Médias et à l’Information, l’Education culturelle, l’orientation, etc. Le CDI est un lieu de culture informationnelle, un espace pluriel entre pratique formelle et informelle, un lieu hybride.

Le professeur documentaliste doit veiller à inscrire cet espace dans une logique de collaboration et de partage des connaissances et des compétences. Le CDI constitue une mosaïque de composantes dont il faut penser les articulations. C’est un lieu où l’on aborde le savoir différemment, et où la liberté autorisée par les différents espaces et les temps peut autoriser d’autres rapports aux élèves, et des mises en projet.

La tâche n’est pas aisée ! Difficile d’être original sans tomber dans le classique. Il n’y a pas de recette miracle, mais garder une philosophie est une bonne initiative. Etre curieux, voir ce qui se fait ailleurs et surtout oser.

Objet mouvant, flou et évolutif, le CDI est un lieu de tensions complexes entre conservation et nouveautés, gestion et pédagogie, autonomie et dépendance, liberté d’action et environnement de prescriptions”.

Source de la citation : Morgane Govoreanu et Jessica Tillard, « Pratiquer les CDI : Les espaces des CDI comme enjeux de représentations sociales », Géocarrefour [En ligne], 94/1 | 2020, mis en ligne le 17 avril 2020, consulté le 24 août 2021. URL : http://journals.openedition.org/geocarrefour/14636 ; DOI : https://doi.org/10.4000/geocarrefour.14636

Son aménagement et son organisation doivent pouvoir répondre aux besoins des élèves, des étudiants, des enseignants, de la vie scolaire, de l’ensemble de la communauté éducative. Les usagers, dans leurs parcours, doivent pouvoir identifier et cerner ses enjeux. Il nous faut bientôt engager les phases d’expérimentation, de bilan intermédiaire.

Le CDI est un espace dynamique. Il est essentiel pour le professeur documentaliste de définir une direction (ou philosophie, terme cité plus haut), qui guidera votre champ d’action. Quels sont les piliers fondateurs du « nouveau » CDI ? Quelle entité ou identité souhaitez-vous lui donner ? L’objectif est d’éviter une certaine déstabilisation générée par le foisonnement d’idées, et la venue d’événements positifs ou négatifs induits par une restructuration. Ce projet est énergivore mais passionnant, stimulant. Il reste exceptionnel dans le parcours métier d’un professeur documentaliste. Alors autant s’en emparer, sans oublier de se faire plaisir ! Il y aura toujours des erreurs, un oubli dans le nombre d’étagères ou de chaises. Est-ce si grave ? Personne n’est parfait. Quiconque est faillible.

Je finirai donc sur cette notion de parcours usager ou d’expérience utilisateur, sur laquelle je vais axer la suite de ma réflexion, qui me permettra d’envisager des réajustements selon les usages, les pratiques par l’ensemble des publics.

A suivre ou pas.

Pistes de lecture

Coquet, Christophe. CDI, l’espace des possibles. In Prof & Doc, 15 mars 2020

Gardair Véronique. Le design thinking pour réinventer le CDI. In Réseau Canopé, octobre 2020

Faillet Vincent, Remodeler sa salle de classe et sa pédagogie, ouvrage, 148 p., 2019.

Gardair Véronique (coord.), Le Design thinking au CDI, ouvrage, 88 p., 2020.

Repenser les espaces scolaires. Clé en main E-sidoc co-construit avec vous. In Réseau Canopé, mai 2021

Reverdy Catherine (2020). Écouter les élèves dans les différents espaces scolaires. Dossier de veille de l’IFÉ, n° 136, décembre. Lyon : ENS de Lyon.

La ludification au service des apprentissages des élèves : adapter/détourner un jeu de société pour la classe

Retour sur l’atelier n°59 proposé lors du CLIC 2021.

Cet atelier créatif propose une découverte et une initiation au game design pédagogique. Il s’agit de cerner les fondements et les enjeux du serious gaming  en contexte pédagogique. À travers l’analyse de la mécanique d’un jeu de société (du commerce), les participants sont  invités à appréhender son adaptation et son détournement pour un usage futur en classe.

Les programmes scolaires à l’école maternelle et élémentaire, au collège, accordent une place au jeu en classe. Dernièrement, le programme limitatif de français de la classe de Terminale professionnelle a introduit le thème Le jeu : futilité, nécessité. Le jeu investit depuis longtemps le monde de l’éducation et l’engouement des élèves pour celui-ci n’est plus à prouver. Une mise en situation ludique proposée par l’enseignant leur permet de se dépasser, de faire des erreurs sans conséquence sur le réel, de reprendre confiance en leurs capacités. Par le collectif, les élèves se découragent moins et le groupe sert d’étayage pour les élèves en difficulté. 

Jouer en classe n’est pas une activité « en plus ». Il s’agit d’une modalité pédagogique qui vise  à utiliser en complément ou à la place d’autres activités plus classiques. Les jeux trouvent leur place à toutes les étapes d’une séquence : découverte, institutionnalisation, entraînement et même évaluation. Ils peuvent également être un rituel de mise en route ou de fin de cours. 

Plusieurs solutions s’offrent à l’enseignant pour intégrer le jeu en classe. Certains jeux pédagogiques peuvent être utilisés directement, d’autres jeux peuvent être déclinés selon les compétences et connaissances travaillées, et permettre de différencier le travail des élèves. Nous nous intéresserons ici à la manière d’adapter et de détourner des jeux de société pour favoriser les apprentissages des élèves.

Au programme de l’atelier

  1. Définitions et évolution de la notion de jeu
  2. Jeu et apprentissage
  3. Caractéristiques et composantes du jeu (+ quiz)
  4. Adapter / détourner un jeu de société : notions de serious gaming et de game design pédagogique
  5. Un exemple de détournement du jeu Trivial Pursuit
  6. Mise en activité : analyse de la mécanique du jeu de société à détourner / adapter 
  7. Mise en réflexion : proposer des pistes d’adaptation et de détournement du jeu cadre
  8. Retours des propositions en plénière : mise en commun
  9. Conclusion / Échanges avec les participants
  10. Ressources “Pour aller plus loin”

Utiliser des serious games en classe

Retrouvez le support de l’atelier n°57 présenté lors du CLIC 2021.

Lien du Genially

Cet atelier se limite exclusivement à des serious games (ou jeux sérieux en français) au format numérique et existants, c’est-à-dire créés par d’autres concepteurs que les enseignants eux-mêmes.

Depuis 2017, les enseignants se sont emparés de nouvelles modalités d’apprentissage par le jeu. L’attrait pour la ludification ne faiblit pas et s’en trouve accentué depuis la période de continuité pédagogique, reprise par les enseignants dans un format numérique et en distanciel. Fort de ce succès, la ludification des apprentissages reste un processus complexe. Il s’agit d’intégrer des mécaniques et leviers du jeu dans une séance pédagogique, et de veiller à garantir un équilibre afin que le côté ludique du jeu ne prenne pas le pas sur les apprentissages. Ludifier sa pédagogie demande un investissement personnel de la part de l’enseignant, lorsque celui-ci crée un jeu sérieux de A à Z. 

De manière à démystifier le caractère énergivore souvent attribué à la conception d’un jeu pédagogique, et pour permettre une entrée en douceur dans le champ de la ludification, il est possible pour l’enseignant d’utiliser des jeux sérieux existants à intégrer en classe.  Si l’enseignant se dédouane de la phase de conception, utiliser un serious game suppose de le choisir selon différents critères ergonomiques, esthétiques et surtout pédagogiques, de façon à ce que le contenu du jeu puisse répondre pleinement aux objectifs de l’enseignant et viser des apprentissages spécifiques et pertinents chez les élèves. 

Pourquoi utiliser des jeux sérieux existants en classe ? Comment les intégrer dans une séquence pédagogique, pour quels bénéfices et quelles plus-values pédagogiques ? Où trouver des serious games ?

Ce retour d’expérience se propose de définir la notion de jeu sérieux, pour aborder les avantages et les limites quant à leur l’utilisation en classe à partir de l’illustration d’un exemple concret, et en appui d’une grille de lecture : le modèle CEPAJe. Des sites ressources sont présentés pour faciliter le repérage de serious games par les enseignants. Le support est ponctué de ressources complémentaires “Pour aller plus loin”.

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